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Il était une fois...
Il était une fois, il n'y a pas très, très longtemps un monde où n'existaient, semble-t-il que des personnes " normalement " constituées avec leurs membres et leurs cinq sens intacts et pourvues d'une intelligence " normale ". Dans ce monde " idéal " les personnes avec une déficience quelconque étaient pratiquement disparues de la carte du moins elles n'étaient pas visibles. On en rencontrait bien quelques unes par hasard, presque toujours accompagnées et ça faisait quand même peur aux petits comme aux grands. Peur ou pitié. Pour ce qui est des autres on entendait parfois des drôles d'histoire comme quoi elles étaient enfermées. Enfermées dans leurs maisons ou dans des grandes bâtisses et que c'était mieux ainsi pour tout le monde.

Gaston Pouliot...
Gaston Pouliot, lui, était loin d'être en accord avec tout ça. Gaston était un jeune homme de Lévis, handicapé physiquement, qui croyait qu'au contraire il était temps que ça change. Alors avec quelques personnes handicapées et autres sympathisants il voit à ce que soit créé un organisme qui permettrait aux personnes handicapées de sortir de chez elle, de se rencontrer, de se regrouper, de se recréer. C'était en 1974. Sous son impulsion est donc né l'ancêtre de PHARS qui portait alors le nom de Club des Handicapés en Marche de la Rive-Sud. Le but de l'organisme: favoriser l'intégration des personnes handicapées à la société. Très rapidement les bénévoles, des personnes non handicapées, par ailleurs très dévouées, prirent le contrôle de l'organisme. Plusieurs activités de loisirs se développent pour les enfants et adultes de la région de Lévis et des environs.

L'organisme change de nom...
Pour ce qui est de la prise en charge des personnes handicapées de leur organisme il faudra attendre 10 ans avant que certaines accèdent au Conseil d'administration d'une façon plus que symbolique et que l'organisme ait à sa tête une personne handicapée (1984). Ceci en grande partie grâce à quelques parents généreux et convaincus qui ont pris le flambeau pour le partager et ensuite le passer aux personnes handicapées. A ce moment l'organisme change de nom et devient Personnes Handicapées Autonomes de la Rive-Sud (P.H.A.R.S.), l'autonomie étant perçu comme un objectif.

De l'éducation il a fallu en faire en masse pour que d'un côté les personnes avec une déficience soient mieux informées, mieux formées, prennent confiance en elles et que d'un autre côté les personnes en général soient plus conscientes et plus sensibles à la réalité des personnes handicapées. Journal de liaison, rencontres d'informations, groupes de croissance, conférences, colloques, sondages, études, témoignages, diaporama, kiosques sont quelques unes des activités réalisées et qui se continuent encore actuellement.

A partir de ces années le volet défense des droits et promotion des intérêts des personnes handicapées (physiques, sensorielles, intellectuelles) et de leurs parents devient très important et L'éducation populaire par l'action communautaire devient un des meilleurs outils pour faire avancer la cause des personnes handicapées et permettre l'amélioration de leurs conditions de vie. On se fait rapidement connaître dans le milieu car quelques unes de nos actions chocs sont largement médiatisées. Les principales étant celles pour améliorer le service de transport adapté dans notre région et celles pour éliminer la discrimination qui avait cours sur le Louis Jolliet (l'exclusion des personnes handicapées sur les croisières de soir).

L'organisme devient vraiment un PHARS dans son milieu...
L'organisme devient vraiment un PHARS dans son milieu. Il guide, éclaire et rayonne. La crédibilité est acquise et les personnes handicapées sont davantage respectées comme des personnes à part entière. Mais il reste encore beaucoup de travail à faire. A partir de 1986 P.H.A.R.S. prend le leadership de la concertation dans le milieu et créent une structure de partage d'informations et de collaborations avec les autres ressources du milieu. L'organisme adhère aussi au R.E.P.A.C., il se sent compris et supporté dans ses démarches pour faire changer le monde. Il peut, avec d'autres groupes qui font de l'éducation populaire, croire à son rôle d'agent de changement et développe des liens de solidarité.

Réalisations...
De 1986 à 1996 les réalisations de PHARS ont été nombreuses et elles ont permis au milieu de se développer. Pour n'en nommer que quelques unes il faut mentionner la réalisation de pièces de théâtre jouée par des personnes handicapées, tout le travail fait pour améliorer l'accessibilité architecturale, le Gala accessibilité, le bottin Accès Rive-Sud, la réalisation d'une série d'émissions télévisées sur les défis relevés par des personnes handicapées et toutes les activités de sensibilisation à la population. Sensibilisation dans les églises par la participation des personnes aux tâches (accueil, communion, lecture des épîtres, quête..), sensibilisation aux stationnements réservés, sensibilisation par des mises en situation (parcours en fauteuil roulant, yeux bandés et canne blanche, bouchons dans les oreilles et langage des signes) etc.

Ces réalisations ont amené la conscience qu'un changement de nom s'imposait mais il était clair que l'on voulait garder notre sigle PHARS qui continuait à bien nous représenter. En 1995 donc, Personnes Handicapées Autonomes de la Rive-Sud devient Personnes Handicapées en Action de la Rive-Sud.

Reconnaissances...
L'année 1995-1996 en a été une de grande reconnaissance du milieu par rapport à nos actions. En effet en mai 95, P.H.A.R.S. se voyait honoré par l'Association régionale des loisirs par la remise d'un Méritas régional qui soulignait l'excellence de l'implication de ses bénévoles (handicapés et non handicapés) en loisirs et les efforts faits pour intégrer le loisir. Et en mars 96, l'organisme se voyait remettre une plaque souvenir en tant que finaliste au Gala Défi 1996, gala provincial qui vise à reconnaître le mérite de personnes ou de milieux professionnels qui se sont démarqués par leurs efforts à faire avancer la cause des personnes avec une déficience intellectuelle.

Du haut de son nuage, Gaston...
Du haut de son nuage, Gaston, qui s'est affranchi de son corps depuis plusieurs années, regarde tout cela. Que de chemin parcouru depuis 20 ans c'est vrai mais que de chemin à parcourir avant que les personnes handicapées ainsi que tous les humains plus fragiles, plus vulnérables ou " différents " aient accès eux aussi à un petit coin de paradis sur terre...

Rédigé le 10 avril 1996


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16 Janv. 2014
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